Page 46 - Cahier Trouve-Tout-2012
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Bêtes connues... et moins connues!
Je l’avoue : je ne suis pas une personne très observatrice. Dans mon environ- nement immédiat, si vous changez de tenue trois fois dans la journée, selon toute probabilité, je ne m’en apercevrai pas. À moins, bien sûr, que vous ne vous présentiez en tutu jaune vif...
Mais à vivre dans un coin en pleine nature, toute l’année, j’ai appris à regar- der, vraiment regarder, ce qui se passe autour de moi. Et j’ai fait quelques découvertes.
J’ai découvert, entre autres, que la ré- gion compte de nouveaux habitants. Des bêtes qu’on n’y voyait pas autrefois... et qui s’installent dans mon coin de pays. Ou qui y reviennent tranquillement, sans faire de bruit.
la brunante, et que vous êtes très atten- tif, vous avez une chance sur trois d’en apercevoir quelques-uns. Observez par- ticulièrement les endroits où passent les lignes de l’Hydro, là où on trouve un grand espace découvert sur le bord du chemin.
Un autre endroit de prédilection: les environs de l’hôpital de Maniwaki. Ils y traversent la route régulièrement. Et bien sûr, la région de Ste-Thérèse-de-la- Gatineau est l’endroit par excellence où observer ces gracieux ruminants (oui oui, ils sont des «cousins éloignés» des vaches!).
Ma deuxième découverte concerne un oiseau. Mais pas n’importe lequel.
Si, comme moi, vous avez vu l’Afrique, vous aurez constaté la présence des cha- rognards, ces gros
pas trop habiles, aux ailes immenses, volant en cercle dans le ciel, ou installés sur le bord de la route, en train de dévo- rer un cadavre.
Croyez-le ou non, j’ai vu ici deux re- présentants de ces oiseaux charognards : deux urubus à tête rouge. Dans le temps - pas si lointain - où les dépotoirs étaient encore ouverts en région. Ils se servaient joyeusement comme dans un restaurant de choix.
Ce n’est pas un oiseau agréable à re- garder, il a l’air de ce qu’il est : un cha- rognard. Mais il est impossible de ne pas l’identifier quand on le voit, avec sa tête rouge dégarnie. Je n’en ai jamais vu en vol. Mais j’en ai observé un dans un arbre, j’avais l’impression qu’il me sur- veillait en se demandant si, peut-être, je pourrais faire partie de son prochain repas. Brrrrr!!! Pas agréable.
On dit qu’il n’est que de passage dans nos régions l’été, mais en consul- tant le web, j’ai constaté qu’on en avait aperçu dans la Zec Bras-coupé Désert. (http://www.quebecoiseaux.org/index. php?view=detail&id=204&option=c om_joomgallery&Itemid=231&lang=fr)
Autre émigrant : le dindon sauvage. Réintroduit au Québec dans le début des années 2000, il se serait multiplié à un rythme étonnant. On en trouverait plus de 15 000 en Outaouais. Vous en aurez peut-être aperçu vous aussi. C’est toute une expérience! Trois ou quatre de ces énormes «oiseaux» se promenant tran- quillement dans les champs, ça surprend! Cette année, deux représentants de cette
espèce ont été vus sur
le chemin Baskatong. Gageons qu’ils ne tarde- ront pas à s’y multiplier joyeusement!
Le dindon sauvage serait l’ancêtre du dindon domestique.
Il viendrait du Mexique. La tem- pérature de plus en plus clémente et l’abondance de nourriture dans nos régions font tout à fait son affaire.
Avez-vous déjà entendu parler du carcajou, ou « glouton »? Si oui, je serais prête à parier que c’est en termes peu élogieux. On dit que c’est un diable, un démon, un dangereux personnage quoi!!!
o i s e a u x
D’abord, il y a les chevreuils. Autrefois, les cerfs de Virginie étaient rares aux environs du Baskatong. On voyait plus souvent des orignaux, ces bêtes majestueuses - chaque fois que je vois un orignal, je me demande tout le temps comment une si grosse bête qui pèse jusqu’à 450 kg, peut se déplacer si gracieusement sur des pattes si fines!!! L’an dernier, un énorme mâle a surgi subitement au coin de la maison, venant du bord du lac. Il nous a observés de son regard tranquille, et a poursuivi son petit bonhomme de che- min sans trop s’inquiéter de nous. J’en ai
eu le souffle coupé!
Mais revenons aux chevreuils. Si vous
parcourez le chemin du Baskatong le ma- tin très tôt, ou le soir
à
Si cet ani- mal peu recommandable habitait autrefois une bonne partie de l’Amérique du nord, il est maintenant très rarement aperçu. Il faut dire qu’à une certaine époque, on le détestait car il avait la réputation de s’attaquer à n’importe quoi et n’importe qui. Selon un « vieux de la vieille », ce méchant ani- mal dévorait régulièrement les captures des lignes de trappe. C’est un animal agressif, intelligent et déterminé. Rien
ne l’arrête.
L’un d’eux est venu en visite dans
notre cour, il y a quelque temps. C’est ma soeur Michèle qui l’a vu la première, puis identifié. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un gros raton-laveur ou d’un petit ours, mais la forme plus élancée, la grosseur du corps et la tête ne correspondaient pas. Il s’agissait bien d’un carcajou! Un spécimen avait déjà été vu dans la région il y a plusieurs années, aux environs de la Pointe à David, donc, pas très loin.
Cet animal peut parcourir jusqu’à 40 km lorsqu’il est en chasse. Il est donc possible qu’il ait été seulement en visite chez nous... Allez savoir.
Vous pourrez en apprendre plus sur le site suivant : http://carcajouquebec.com/ On nous invite à le rapporter si on en aperçoit un quelque part. Chose cer- taine, peut-être vaudrait-il mieux ne pas
o
Le dindon sauvage, autrefois fréquent un peu partout au Québec, fait un retour!
le provoquer.
Oui, des bêtes sauvages, on en trouve
des tas par ici. Un matin très tôt, sur le chemin Baskatong, j’ai d’abord suivi un orignal pendant près d’un kilomètre, puis j’ai vu un renard, un lièvre dans la gueule; et un peu plus loin, 5 ou 6 che- vreuils ont traversé la route à grande allure.
Sans compter les dames perdrix, cet oiseau un peu bébête, qui vous regarde venir sans bouger et que vous pouvez écraser si vous ne ralentissez pas. Un jour j’ai même aperçu un gros loup très en santé, à moins qu’il ne s’agisse d’un coyote, car, semble-t-il, les coyotes sont de plus en plus nombreux au Québec - mais je ne pourrais pas faire la différence.
Le Baskatong compte également des poissons moins fréquents que le doré, le brochet et le poisson blanc, et qu’on pêche de temps en temps : des loches, des ouaouananiches (ensemencées il y a quelques années), un esturgeon, et de temps en temps, un... oui oui, un petit carpet-soleil... quelle horreur!!! Mais il n’y a pas de sangsues, merci mon dieu.
Vous trouverez un récit sur la capture d’un ouananiche dans le Baskatong à l’adresse suivante : http://www.que- becpeche.com/forums/index.php?/ topic/12060-baskatong-vs-ouaouaniche/
On dit que les amphibiens - dont font partie les grenouilles - sont de moins en moins nombreux dans le monde. En tout cas, il y en a des quantités dans ma ré- gion! Leur concert le soir est si tapageur, qu’il pourrait empêcher certaines per- sonnes de dormir. Pour ma part, j’aime particulièrement m’endormir au milieu du tintamarre! Leur présence est la preuve que mon coin de lac est en santé.
Alors, si vous venez par ici... Soyez attentif!
Vous verrez des bêtes connues et moins conues, pour votre plus grand plaisir!
Denise Carrière
Le carcajou: un petit animal «féroce» qui pourrait faire un retour dans la région.
Ce raton-laveur s’était invité sans céré- monie - et sans gêne - dans un chalet de la Pointe à David en mai l’an dernier. «Il avait la tête sur l’oreiller, il était bien à son aise, comme une personne serait couchée dans son lit», explique la propriétaire Michèle Lafrance.
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Les SECRETS de la Vallée... d evoil es


































































































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