Page 79 - Cahier Trouve-Tout-2012
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d’amitié entre familles et nations
ouvrent leur cœur et leurs portes durant le pow wow
clan de se marier avec les membres de leur clan aussi éloigné que soit leur lien de parenté.
De nombreuses cérémonies mar- quaient ce grand événement. Les plus jeunes entraient dans le cercle de danse pour la première fois, alors que pour les adolescents, c’était le passage vers l’âge adulte. Ils devaient ainsi s’isoler et jeûner jusqu’à ce que les rêves les trans- portent et leur fassent rencontrer l’ani- mal qui seraient leur totem. Souvent, le jeune homme changeait de nom en fonction du rêve qui l’avait habité.
Cette tradition a
presque totalement disparu entre 1920 et 1960 alors que le gouvernement fédé- ral avait décidé en fonction de la Loi sur les Indiens de « civiliser les sauvages » en les empêchant de pratiquer leurs rites religieux, les danses et même de parler leur langue. Dans la réserve de Kitigan Zibi, la Gendarmerie royale du Canada effectuait des descentes dans les maisons pour s’emparer des sym- boles « païens » liés à leur culture et pour empêcher toute forme de rassem- blement culturel. Ce n’est que dans les années 80 que la communauté a fait revivre la tradition du pow wow.
Encore aujourd’hui, le pow wow est une occasion de rencontre entre les familles et les nations, tout en faisant re- vivre la culture traditionnelle. Chaque année, le grand pow wow de Kitigan Zibi a lieu durant la première fin de se- maine de juin sur le terrain de l’école Kikinamadinan pour renouer avec cette tradition. Contrairement à la croyance populaire,
les non-autochtones sont non seule- ment bienvenus, mais leur présence est souhaitée afin qu’ils puissent mieux connaître ce peuple. Il est particulière- ment intéressant de noter la beauté et la richesse de certains costumes. Pour être conformes à la tradition, le cos- tume doit être fait à la main, générale- ment par les femmes.
On peut prendre des photos de la plupart des danses, mais il faut être à l’écoute des animateurs car il est par- fois interdit de photographier durant certaines danses traditionnelles. Le non-respect de cette consigne peut être considéré comme une insulte. Le visi- teur aura aussi l’occasion de déguster des mets traditionnels ou de se pro- curer de l’artisanat amérindien. Et si le cœur vous en dit, n’ayez pas peur d’entrer dans le cercle et de danser avec les Anishinabeg; votre participa- tion sera considérée comme un geste d’ouverture.
Georges Lafontaine
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Les SECRETS de la Vallée... d evoil es


































































































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