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44 12 mai 2016 La Gatineau
SEMAINE DE LA SANTÉ MENTALE
Une bande de malades sur scène
GRACEFIELD - Entre les sept comédiennes et comédiens qui ont foulé la scène du Centre récréatif et communautaire de Gracefield samedi soir, bien malins celles et ceux qui auraient pu deviner «C’est qui le malade ?»
C’est le titre de la pièce de théâtre des auteurs Claire et Paul Rondeau, la sœur et le frère. Les 210 personnes présentes en ont rigolé un bon coup à cette première présentée dans le cadre de la Semaine de la santé mentale en collaboration avec la Maison Amitié de la Haute-Gatineau qui était représentée par une forte délégation avec en tête, le président, Réal Rochon, et le directeur général, Paul Rochon.
Du mouvement dans le restaurant
Tout se déroule dans le restaurant où Sébastien (Paul Rondeau) reçoit ses clients qui, disons-le, sortent de l’ordinaire. Sébastien collabore avec Louise (Claire Rondeau) qui est travailleuse de rue. Sébastien doit se méfier de Claude (Stéphane Cyr) le cleptomane qui prend tout ce qui lui tombe sous la main. Sébastien n’a pas toujours le temps de le surveiller puisqu’il doit servir ses clients qui sont très exigeants.
Puis Tharèse (Pierrette Toutant), atteinte du syndrome de Gilles de la
Tourette, arrive comme un buldozer en vociférant, en blasphémant si bien que Sébastien en perd son latin. Pour alléger l’atmosphère un peu, Aline (Raymonde Carpentier), la dépressive, envenime l’atmosphère avec ses réparties incompréhensibles.
Puis arrive Marius (Claudette Larcher), le ramasseur de «cossins» compulsif, qui s’impose et ramasse parfois des choses qui ne lui appartiennent tout simplement pas. Et Yvonne (la mairesse Joanne Poulin), qui est amnésique, tente d’embarquer Sébastien dans son bateau. Elle cherche son Armand décédé depuis deux ans. Aux dernières nouvelles, elle le cherchait toujours.
Les profits
Claire Rondeau nous a confié lundi soir que le bilan financier n’avait pas été complété. La Fabrique de Gracefield recevra l’équivalent de 30 % des profits générés par le bar et 30 % des profits des billets d’entrée (15 $ le billet) seront remis à la Maison Amitié de la Haute-Gatineau.
La soirée était animée par la directrice des loisirs et de la culture par intérim de la Ville de Gracefield, Roxanne Marois. Les 210 personnes présentes à la pièce ont passé une agréable soirée.
Trois témoignages renversants
JEAN LACAILLE
jlacaille@lagatineau.com
GRACEFIELD - «C’est qui le malade ?», le titre de la pièce de théâtre présentée samedi soir dernier à Gracefield ne pouvait être mieux choisi à la suite des témoignages livrés publiquement par Pierrette Talbot, Guillaume Bergeron et Johanne Léonard qui en ont surpris plus d’un.
La maladie mentale n’est pas facile à vivre, pas facile de passer au travers. Une lutte, tous les jours. Pierrette Talbot est passée par là. Une expérience très éprouvante. «J’ai vécu un temps dans le noir à cause de ma mère. À force de persévérance, j’ai œuvré à La Piéta puis je suis retournée à Maniwaki en 1995 où j’ai travaillé en tant qu’intervenante à la Maison Amitié de la Haute-Gatineau pendant 6 ans. J’ai rencontré des gens plein d’amour. Ce fut un grand bonheur pour moi.»
Pierrette Talbot est bipolaire. Elle s’occupe de sa sœur qui a des problèmes de santé mentale depuis 20 ans. Elle va s’en occuper pour le reste de sa vie. S’adressant au public, elle a lancé : «Pierrette Talbot, c’est moi, c’est mon témoignage». Elle a quitté la scène du Centre récréatif et communautaire de Gracefield sous les applaudissements de la foule.
Une vraie délivrance
Puis ce fut au tour du jeune Guillaume Bergeron de se livrer au public. «Quand j’ai reçu mon diagnostic de maniaco-dépressif, ce fut une délivrance. J’ai vécu des phases maniaques, une période très dépressive. On ne sort plus de chez soi tellement on se sent tout petit. On n’a plus le goût de faire des choses. La remontée de la pente de la dépression n’est pas facile. On se retrouve à l’hôpital où nous sommes soignés. J’y ai été admis pour un mois. Puis on se met à parler rapidement. Notre pensée est chamboulée et puis, soudainement, notre libido augmente. Puis un fusible éclate, on n’en peut plus.»
Puis on enfile des vêtements extravagants. On devient désordonné. On se rase tout le
▲ Pierrette Talbot.
corps. Un sentiment de culpabilité s’empare de nous. «Nous manquons soudainement d’énergie, d’intérêt. Nous pensons trop et nous n’arrivons pas à nous endormir. J’ai dormi six mois de ma vie, tout comme un bébé naissant. Puis nous sommes incapables de travailler. Et les préjugés qui nous tombent dessus. Alors je me suis dit, si Angélina Jolie, Elton John et Brad Pitt ont été capables de s’en sortir, pourquoi pas moi ?»
Finalement, on a découvert la bonne médication pour lui. «J’ai mérité le titre de «personnalité de l’année» lors de mon cours de formation pour devenir un préposé aux bénéficiaires (PAB). J’ai terminé deuxième avec une note de 94,3 %. En septembre, j’ai la ferme intention de suivre un cours en soins infirmiers et comptez sur moi pour le réussir»
«La vie est belle, belle est la vie !»
C’est par cette belle pensée que Johanne Léonard a terminé son témoignage. «La maladie mentale, peu importe laquelle, est sournoise. C’est comme un foulard qu’on ne finit jamais. C’est l’isolement, puis l’incompréhension. Fort heureusement, il y a des outils. C’est à l’hôpital que j’ai trouvé mon coffre à santé.»
Souvent, tout arrive en même temps. Johanne Léonard a perdu un être cher le 13 avril dernier. «Moi, j’écris tout ce que je veux sur une feuille et je me le répète à voix haute pour m’en convaincre. À vous tous, je souhaite beaucoup de bonheur. La vie est belle, belle est la vie.»
Suicide Détour
lance le dé  21 jours
MANIWAKI - À l’occasion de la Semaine nationale de la santé mentale, Suicide Détour a invité la population à venir devant son bureau du 181 rue Notre-Dame, mercredi 4 mai, afin de proposer aux gens de relever le défi «21 jours pour me sensibiliser au bon- heur», en plus de distribuer du matériel pro- motionnel comme des portes-clé et autres, en présence de la mascotte de l’organisme Tavie.
Le défi consiste à répondre à ces huit ques- tions à tous les soirs avant de se coucher : Qu’ai-je appris aujourd’hui ? Qu’est-ce qui m’a fait rire? Qu’est-ce qui m’a surpris ? De quoi suis-je fier ? Quels actes d’amour ou d’amitié ai-je donnés ou ai-je reçus ? Pour quoi ou pour qui je ressens de la gratitude aujourd’hui ? Qu’ai-je fait aujourd’hui pour me rapprocher un peu plus de mon objectif ou de mon rêve ? Qu’ai-je fait pour prendre soin de moi ?
Prendre une pause c’est important
Suicide Détour profite aussi de l’occasion pour souligner l’importance des pauses au
travail pour la santé tant mentale que phy- sique. Selon l’étude du docteur Soares, «Le temps d’une pause : la santé et le travail (in) humain», lorsque les travailleur(euse)s ont le temps de prendre une pause et de manger convenablement, ils présentent moins de symptômes de détresse psychologique, d’épuisement émotionnel et de dépression. Malheureusement, les recherches démontrent également que les pauses ne sont pas très valorisées ni respectées au Québec.
Pour les travailleur(euse)s, les pauses repré- sentent une opportunité de récupération et de réduction de la détresse ainsi que des pro- blèmes de santé mentale et physique. L’entreprise est également gagnante puisque les pauses sont synonymes de meilleure per- formance. Tout le monde y gagne.
Visitez la page Facebook de Suicide Détour afin de prendre connaissance des diverses astuces pour prendre soin de sa santé mentale. Renseignements aussi sur etrebiendanssatete.ca
▲ Guillaume Bergeron.
▲ Johanne Léonard.


































































































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